Sunday, 24 August 2025

Inspiration vestimentaire

Nous sommes allés voir l’expo Paul Poiret au Musée des Arts décoratifs et franchement ça donne envie d’incarner des personnages féminins… quelles toilettes incroyables. 

J’ai bien évidemment oublié de prendre des notes et donc les photos ne seront pas légendées. Désolé.








Friday, 29 November 2024

Véhicules inhabituels - la Jamais-Contente

La transition automobile thermique−électrique est au cœur de nos préoccupations contemporaines, ce qui pourrait nous faire croire que la voiture électrique est une invention du XXIe siècle. Que nenni ! figurez-vous que, entre 1900 et 1910, un tiers des voitures vendues aux États-Unis sont des véhicules électriques.

Le véhicule dont il est question dans ce billet n’est pas une voiture produite en série, mais un prototype fabriqué par l’ingénieur belge Camille Jenatzy en 1899. Construite en forme de torpille, la « Jamais-Contente » peut atteindre la vitesse folle (pour l’époque) de 120 km/h.

Un MJ peut l’introduire dans une partie de Maléfices comme une sorte d’arme secrète pour le « méchant » du scénario ou, a contrario, comme un gadget dont peuvent profiter les PJ.

Véhicules inhabituels - la Scotte Vapeur

On a souvent du mal à se projeter plus de 120 ans en arrière, quand on joue à Maléfices, et à s’imaginer les rues de Paris encombrées de véhicules hippomobiles (et jonchées du crottin qui va avec) avec, de-ci de-là, quelques véhicules automobiles, souvent des prototypes ou des séries limitées, loin des voitures fabriquées à des centaines de milliers d’exemplaires auxquelles nous sommes [hélas] habitué·e·s.

Un de ces véhicules inhabituels est la Scotte Vapeur de 1892, une automobile à vapeur fabriquée à Lyon, qui peut accueillir 6 passagers et atteindre une vitesse maximale de 12 km/h.


une Scotte dans un musée


Saturday, 17 August 2024

La naissance des grands magasins - mode, design, jouets, publicité, 1852-1925

La naissance des grands magasins - mode, design, jouets, publicité, 1852-1925 est une exposition que vous pouvez aller visiter actuellement (et jusqu’au 13 octobre) au Musée des Arts Décoratifs, 107, rue de Rivoli [dans une aile séparée du Louvre, en fait].

La visite est conseillée à tout joueur de Maléfices et, à mon avis, devrait carrément être obligatoire pour les MJ. En effet, en visitant l’exposition, on se rend compte à quel point les grands magasins parisiens ont révolutionné puis influencé et guidé la vie des bourgeois parisiens entre la fin du Second Empire et les années 1910−1920. Et, on ne va pas se mentir, la plupart des PJ de Maléfices sont des bourgeois parisiens.

Et même si l’on observe la société depuis ses classes les plus humbles, de nombreux progrès ont vu le jour au sein des grands magasins : logement social pour les employé·e·s, protection sociale et prévoyance, œuvres sociales. Parallèlement, des unions sportives se multiplient au sein des grands magasins, ainsi que des harmonies et des chorales.

Cependant ce système reste empreint de paternalisme et, à partir de l’année 1900, les syndicats se développent et de nombreuses grèves sont organisées avec deux revendications principales : la journée de 12 heures et le repos dominical.

Le catalogue de l’exposition est une mine d’anecdotes et, surtout, d’illustrations d’époque pour le MJ.

Thursday, 12 October 2023

Paradoxe

 

Je suis en train de lire l’excellentissime ouvrage La Belle Époque de Michel Winock (bon, c’est la toute première référence bibliographique en p348 des règles de Maléfices) et, franchement, un supplément de contexte de jeu de rôle de cette qualité pour seulement 11 euros, ça vaut vraiment le coup. Zéro excuse si vous ne l’achetez pas.

Si vous, en tant que MJ ou joueur·se, cherchez une info sur les classes sociales, le rôle des femmes, l’évolution des opinions politiques et de la pratique religieuse, la vie économique, les inventions, la presse quotidienne, les romans les plus populaires, etc. à la Belle Époque, tout est là !

Cependant le début du chapitre sur la culture, que je me permets de reproduire en partie ici, a suscité en moi une interrogation, vous allez voir pourquoi.

La culture populaire est fondée sur l’oralité, le rituel, les cérémonies agraires, les proverbes, les chansons, l’astrologie, le culte des saints locaux, etc. Cette culture, en voie de folklorisation, reste encore vivante dans les zones rurales, où guérisseurs et sorciers font parfois de meilleures recettes que les médecins de campagne.

Donc : c’est dans les zones rurales qu’il y a des guérisseurs et des sorciers mais... toutes les aventures publiées pour Maléfices se passent à Paris — au cœur de la culture élitaire du pays. Une fois de plus, j’ai grand mal à comprendre le parigocentrisme du jeu... n’est-ce pas paradoxal ?

Sunday, 3 September 2023

La République des faibles

La République des faibles, de Gwenaël Bulteau, est un excellent polar qui vous plongera dans les quartiers populaires et les commissariats du Lyon de 1898, et peut donc servir de cadre de campagne à une escapade lyonnaise pour une meneuse de Maléfices et ses joueurs.

Les descriptions de la vie des prolos à la Belle Époque sont saisissantes mais surtout très variées : il y a le travail dans les usines et les ateliers dont le bruit envahit tous les quartiers, mais aussi celui qu’on rapporte à la maison pour se faire quelque argent en sus, sans oublier la prostitution occasionnelle, à tout âge et en tout lieu... et puis les loisirs : la pêche dans la Saône, les cabarets, les débits de boisson, tout cela baignant dans une germanophobie hystérique et un antisémitisme omniprésent.

Au milieu de tout cela, des flics à peine moins pauvres que les prolos qu’ils surveillent, et appâtés par les mêmes tentations : les filles faciles, le coup de poing sur les quais, les affaires réglées au surin plutôt qu’avec la paperasse. Comme la plupart des policiers de l’époque, ce sont d’anciens militaires et ils gardent de plus ou moins bons souvenirs de leur service militaire...

Bref, outre qu’il vous tiendra en haleine jusqu’au bout, ce polar vous fournira cadre et PNJ inoubliables pour une enquête au cœur de Lyon !

Friday, 18 August 2023

la politique à la Belle Époque

Nous, Européens du XXIe siècle, sommes convaincus que l’opposition droite−gauche est une sorte d’horizon indépassable de l’antagonisme politique. La situation était pourtant relativement différente, surtout dans le domaine parlementaire, à l’époque qui nous intéresse.

Jusque dans les années 1870, les électeurs (rappelons tout de même que seuls les hommes ont le droit de vote) se partagent entre monarchistes de diverses obédiences et républicains. Cependant la crise du 16 mai 1877 finit de décrédibiliser le monarchisme (même s’il continuera à y avoir des élus monarchistes), et l’antagonisme politique et électoral se déplace entre tenants d’un républicanisme anticlérical et/ou social et républicains modérés (c’est-à-dire nationalistes et conservateurs). Après la brève fièvre du boulangisme (1885-1889), c’est entre dreyfusards et antidreyfusards que se creuse l’opposition majeure (1894-1906), cf. p.20-23 des règles de Maléfices.

N’oublions pas non plus que, dans un pays dépourvu de moyens de transport et de communication rapides, les élections se font le plus souvent sur des enjeux locaux et ce n’est qu'une fois « montés à Paris » que députés et sénateurs choisissent dans quel groupe parlementaire ils vont siéger : en effet, il n’y a pas de véritable parti politique (avec des cotisants, des fédérations départementales, des congrès...) avant 1901, lorsqu’apparaît l’Alliance républicaine démocratique, laïque de centre-droit. Elle est suivie en 1902 par l’Action libérale populaire, également de centre-droit (mais catholique), puis en 1903 par la Fédération républicaine, de droite mais favorable au droit de vote des femmes. Ce n’est qu’en 1905 que naît un parti de gauche, la Section française de l’Internationale ouvrière. Voir aussi le résumé sur les partis politiques p.25 des règles de Maléfices.

C’est que les extrêmes agissent plutôt en-dehors du système parlementaire... ainsi le Parti radical, synonyme de sénateur vieillissant de nos jours, était à son origine, en 1901, un mouvement d’extrême-gauche. De même, bien que moins puissants qu’au XIXe siècle, les anarchistes sont toujours actifs au sein du mouvement ouvrier. À l’opposé, on trouve diverses ligues nationalistes (monarchistes ou républicaines) et antisémites.

Ce n’est qu’après l’adoption de la Loi de séparation des Églises et de l’État, en décembre 1905, que le combat politique vient à nouveau se situer sur l’axe gauche−droite.

Wednesday, 16 August 2023

Les PJ et les langues

Jusqu’en 1891, les langues vivantes étrangères n’étaient pas enseignées avant le baccalauréat : seuls le latin et le grec étaient dignes d’être enseignés aux futurs bacheliers, et étaient même des matières obligatoires.

Les PJ de Maléfices ayant généralement entre 20 et 40 ans en 1900, ils n’auront donc, sauf circonstances exceptionnelles à expliciter dans leur background, aucune connaissance en langue vivante autre que le français. En revanche, tout personnage issu d’une classe supérieure et avec un bon score de Culture Générale sera censé lire le latin et le grec − c’est bien pratique dans un jeu basé sur des enquêtes ésotériques. Mais de grâce oubliez l’anglais, l’allemand, l’italien ou l’espagnol !

Alors, bien sûr, comme la langue française est encore en 1900 la langue véhiculaire des élites (en gros, l’aristocratie, les gens fortunés et les diplomates), nos enquêteurs ne seront pas trop entravés à l’étranger dès lors qu’ils ne s’adresseront pas aux gens du bas peuple.

En parlant de bas peuple... en France même, en-dehors des provinces d’oïl, les classes inférieures ne parlent guère le français, uniquement la langue régionale du coin.

Friday, 11 August 2023

Noms de famille de la Belle Époque − Auvergne

Contrairement aux Bretons, les Auvergnats « montés » à Paris s’enrichissent dans divers commerces dont notamment les fameux commerces du bois et du charbon, mais aussi dans les spiritueux et l’hôtellerie. Ainsi, pour nommer vos petits bourgeois, vos cafetiers, voire des gros bras pour des partis de droite, piochez dans la liste suivante :

1. Martin

2. Faure

3. Roche

4. Roux

5. Boyer

6. Brun

7. Bonnet

8. Giraud

9. Bernard

10. Dumas

11. Fournier

12. Robert

13. Laurent

14. Vidal

15. Chevalier

16. Blanc

17. Michel

18. Arnaud

19. Serre

20. Besson

21. Sabatier

22. Soulier

23. Bertrand

24. Jouve

25. Mathieu

26. Chambon

27. Verdier

28. Thomas

29. Gauthier

30. Mallet

Noms de famille de la Belle Époque − Bretagne

Nous avons vu dans un précédent billet que le lumpenprolétariat parisien était essentiellement constitué d’immigrants bretons arrivés à Paris sans le sou et acceptant les travaux les plus humbles. Pour donner à vos mendiants ou indics de Police des noms plus crédibles, je vous suggère de vous référer à la liste suivante, qui donne les noms de famille bretons les plus fréquents en 1900 :

1. Le Gall

2. Le Roux

3. Le Goff

4. Thomas

5. Tanguy

6. Guillou

7. Morvan

8. Martin

9. Hervé

10. Hamon

11. Simon

12. Lucas

13. Nicolas

14. Riou

15. Le Corre

16. Prigent

17. Ollivier

18. Guéguen

19. Daniel

20. Salaün

21. Bernard

22. Rolland

23. Mahé

24. Le Bihan

25. Péron

26. Le Berre

27. Gautier

28. Briand

29. Le Borgne

30. Le Guen

Noms de famille de la Belle Époque − Île-de-France

Le billet précédent concerne la France dans son intégralité. À cette époque-là, on se déplaçait encore relativement peu (même si le chemin de fer était en train de chambouler tout cela), et les fréquences des noms de famille dépendaient énormément des lieux.

Pour l’Île-de-France (là où se déroulent la plupart des aventures publiées pour le jeu Maléfices), les noms de famille les plus portés en 1900 sont les suivants :

1. Martin

2. Petit

3. Moreau

4. Dubois

5. Thomas

6. Richard

7. Leroy

8. Lefèvre

9. Bernard

10. Laurent

11. Durand

12. Simon

13. Robert

14. Rousseau

15. Lambert

16. Garnier

17. Fournier

18. Michel

19. Girard

20. Masson

21. Meunier

22. Legrand

23. Mercier

24. Guérin

25. David

26. Vincent

27. Bertrand

28. Duval

29. Henry

30. Marchand

Noms de famille de la Belle Époque

Les cinquante noms de famille français les plus portés en 1900 sont, par ordre décroissant de fréquence :

1. Martin

2. Bernard

3. Petit

4. Thomas

5. Durand

6. Richard

7. Robert

8. Moreau

9. Dubois

10. Laurent

11. Michel

12. Simon

13. Roux

14. Leroy

15. Lefebvre

16. Bertrand

17. Bonnet

18. Fournier

19. Blanc

20. Faure

21. David

22. Girard

23. Vincent

24. Morel

25. Lambert

26. Muller

27. Rousseau

28. Dupont

29. Mercier

30. André

31. Gauthier

32. Guérin

33. Garnier

34. Boyer

35. Lefèvre

36. Perrin

37. Mathieu

38. Chevalier

39. Robin

40. Fontaine

41. Legrand

42. François

43. Clément

44. Nicolas

45. Giraud

46. Meyer

47. Marchand

48. Brun

49. Masson

50. Morin

Thursday, 22 June 2023

Exposition sur les bijoux de la Belle Époque

Après l’exposition dédiée à l’œuvre de l’artiste visionnaire tchèque Mucha, voici encore une exposition sur l’héritage artistique et esthétique de la Belle Époque.

L’École des Arts Joailliers (sise dans le 1er arrondissement de Paris et inaugurée en 2012) présente du 2 juin au 30 septembre 2023 une exposition : « Un art nouveau. Métamorphoses du bijou, 1880-1914 », qui illustre la place occupée par les bijoux à la Belle Époque à travers une vaste sélection de pièces. Et, cerise sur le gâteau, l’exposition est gratuite — il faut juste s’être inscrit à l’avance !

Monday, 19 June 2023

L’Indochine française et le Yunnan

Comme je l’ai déjà indiqué dans un autre billet, Maléfices apparaît comme un jeu relativement parigo-centré. Pour des raisons indépendantes de ma volonté et dues aux développements des dernières aventures de mes joueurs (cf. les résumés ci-contre), je suis contraint de m’intéresser à la situation de l’Indochine française à la Belle Époque. Voici donc une brève notice.

L’Indochine française

Rappelons tout d’abord que l’Indochine française comporte une seule colonie (la Cochinchine), quatre protectorats : Annam, Tonkin, Cambodge et Laos, et un territoire à bail : la base navale de Kouang-Tchéou-Wan dans l’extrême-sud de la Chine (que la France rêve de transformer en un nouveau Hong Kong).

L’histoire de l’Indochine française à la Belle Époque est émaillée de plusieurs incidents politiques. 

La guerre franco-chinoise, qui dure de septembre 1881 à juin 1885, est censée opposer les deux pays au sujet de la suzeraineté sur l’Annam et le Tonkin mais — en réalité — elle est déclenchée par la France pour le contrôle du cours supérieur du fleuve Rouge, artère commerciale entre l’Indochine et la Chine. Bien que la France soit au final victorieuse dans cette guerre, la retraite peu glorieuse de Lạng Sơn provoque la « crise du Tonkin » qui fait chuter le gouvernement de Jules Ferry en mars 1885 et qui met fin à la carrière politique de ce dernier.

Entre 1885 et 1896, l’Annam et le Tonkin, bien que définitivement conquis, sont en rébellion ouverte contre les Français et les Vietnamiens convertis au catholicisme. Cependant la cour impériale se rallie à la France, puis la Chine se rapproche de la France au moment de la guerre sino-japonaise de 1894, privant les rebelles de leur base arrière.

L’ambitieux Paul Doumer est nommé gouverneur général de l’Indochine française en février 1897. Il reprend vite en main ce territoire endetté, centralise son administration éparpillée, et affaiblit le pouvoir impérial de la dynastie Nguyễn censée régner sur la partie vietnamienne de l’Indochine française. Il met en place des taxes sur divers produits de première nécessité qui appauvrissent les indigènes et certains colons mais rétablissent le budget du territoire endetté, ce qui lui permet de lancer de grands travaux publics, principalement au Tonkin et tout particulièrement des chemins de fer (cf. ci-dessous). En 1902, la capitale de l’Indochine française est transférée de la Cochinchine au Tonkin. Ce transfert de la capitale du sud au nord n’est pas innocent : Paul Doumer est partisan d’une colonisation de la Chine par la France mais agit de son propre chef sans en informer Paris. La première étape de son projet est censée être l’annexion de la prospère province du Yunnan, dans le sud-ouest de la Chine. Cependant ses agissements entre 1899 (déplacement de Doumer auprès du vice-roi du Yunnan, suivi d’un soulèvement anti-français des mineurs d’étain de cette province) et 1901 (gestion des troupes coloniales en fonction anti-chinoise, en opposition avec la hiérarchie militaire) sont probablement la cause de son retour en métropole en 1902.

C’est également de l’Indochine française que partent les missions catholiques dans l’extrême-est du Tibet, via le Yunnan. Leur agitation anti-bouddhiste est la cause de la révolte tibétaine de 1905-1906 qui a pour conséquence le renforcement de la présence chinoise dans la région.

Le Yunnan

Auguste Pavie explore le cours du Mékong (« mission Pavie » 1889-1890). Le but de cette mission est de cartographier précisément la haute vallée du Mékong, prélude à la construction des « Chemins de fer de l’Indochine et du Yunnan » (1904-1910), cette voie étant nécessaire à l’exportation des marchandises françaises et indochinoises vers la Chine et à l’exploitation des matières premières du Yunnan par des sociétés françaises. Ce projet est considéré comme prioritaire par Paul Doumer ; la Compagnie française des chemins de fer de l’Indochine et du Yunnan est constituée en 1901.

À noter qu’Auguste Pavie est partisan d’une colonisation pacifique et respectueuse des coutumes locales. Il s’oppose ainsi — indirectement, car il est à Paris lorsque Doumer est en Indochine — à la politique du gouverneur général.

Auguste François, installé à Yun-Nan-Fou, la capitale du Yunnan, de 1899 à 1904 en tant que consul général et délégué au chemin de fer (directement rattaché au Ministère des affaires étrangères) s’oppose lui aussi résolument aux visées expansionnistes de Paul Doumer et évite ainsi un nouveau conflit entre la France et la Chine.


carte établie par la mission Pavie



Thursday, 8 June 2023

Motocyclettes

La première motocyclette est française et date de 1869, mais ce n’est qu’un prototype qui fonctionne à la vapeur. Suit un autre prototype italien en 1879 avec un moteur à gaz.

La première « vraie » motocyclette avec moteur à combustion interne est allemande et date de 1885. Les ventes démarrent au milieu des années 1890, et il y a déjà un grand nombre de motocyclettes en circulation à l’époque qui nous intéresse, avec de très nombreuses marques européennes :

  • Bianchi (IT)
  • Daimler (DE)
  • De Dion-Bouton (FR)
  • Gilera (IT)
  • Humber (UK)
  • Motosacoche (CH)
  • Norton (UK)
  • NSU (DE)
  • Peugeot (FR)
  • Royal Enfield (UK)
  • Triumph (UK)
  • Victoria (DE)
  • Werner (FR)

Les motocyclettes sont moins chères que les automobiles et sont un moyen de transport motorisé plus réaliste pour les personnages autres que ceux qui seraient très fortunés. En outre il n’y a pas besoin de permis pour conduire une motocyclette alors qu’il en faut un pour les automobiles.

À noter qu’il n’y a pas encore d’équivalent des cyclomoteurs à la Belle Époque. En revanche il y a des motocyclettes électriques (de la marque britannique Humber) mais elles sont principalement utilisées en circuit à cause du problème de rechargement des batteries.

Tuesday, 6 June 2023

Kabbale et cabale

La kabbale ou g[u]ématrie est une science numérologique hébraïque consistant à additionner la valeur numérique des lettres composant les mots des textes sacrés afin d’en tirer des enseignements cachés. En effet, en hébreu, chaque lettre a à la fois une valeur phonétique et une valeur numérique. La littérature hébraïque médiévale reconnaît l’intérêt de la g[u]ématrie mais met en garde contre le risque de superstition ; en particulier, l’étude de la kabbale est censée demeurer strictement réservée aux personnes ayant une connaissance approfondie des textes sacrés.

Au XVe siècle un érudit juif sicilien, Samuel ben Nissim Abulfaraj, se convertit au catholicisme puis quitte la Sicile pour l’Italie centrale où il fréquente les humanistes de la Renaissance dont le philosophe et théologien Jean Pic de la Mirandole (dont il devient probablement l’amant). Il traduit pour ce dernier des traités kabbalistiques, permettant ainsi à Jean Pic de la Mirandole de fonder la cabale chrétienne ou cabale de la Renaissance, qui applique les techniques de la kabbale hébraïque au Nouveau Testament. Cette cabale de la Renaissance se répand dans toute l’Europe occidentale et en particulier en Angleterre (John Dee) et dans le Saint-Empire (Rodolphe II). De nombreux mouvements occultes européens de la fin du XIXe et du début du XXe siècles s’en inspirent ou s’en prétendent les continuateurs : l’Aube dorée, la Thelema, etc. pour sa tradition anglophone, et la Rose-Croix et l’Ordo Templi Orientis pour sa tradition germanophone.

Au XIXe siècle, Paul-Louis-Bernard Drach, Juif alsacien converti au catholicisme, reprend et promeut la cabale chrétienne auprès des autorités ecclésiastiques, à la fois en France et en Italie.

À l’époque du jeu Maléfices, les deux traditions : cabale d’Europe du nord et cabale catholique, sont donc présentes – outre la kabbale hébraïque qui n’a bien sûr jamais disparu mais qui reste du domaine des érudits de religion juive.

Thursday, 4 May 2023

Le Pletzl

Le Pletzl (« petite place », en yiddish) est le surnom du quartier Saint-Gervais du Marais, haut-lieu de l’immigration ashkénaze à Paris. Si quelques familles juives venues d’Alsace s’y installent après la guerre franco-prussienne, c’est surtout à la Belle Époque que des milliers de Juifs d’Europe centrale et orientale, spécialisés dans les métiers de la confection, s’installent dans ce dédale de ruelles insalubres et sombres de part et d’autre de la place Saint-Paul. Cette dernière devient d’ailleurs, pour les Parisiens, la « Place des Juifs » (cf. la carte postale ci-dessus), même si ce nom n’est pas officialisé dans la toponymie de la capitale. Ces immigrants d’Europe centrale et orientale bâtissent des synagogues et ouvrent des commerces de bouche, des librairies yiddishisantes, des associations d’ouvriers, des sociétés de secours mutuel, des cercles d’étude, transportant dans les étroites rues du quartier l’atmosphère du Yiddishland.


Quelques lieux remarquables :

  • 4bis, rue des Rosiers – École israélite du travail, formant de jeunes apprentis
  • 7, rue des Rosiers – cantine des indigents fondée par les Rothschild
  • rue des Hospitalières-Saint-Gervais – école élémentaire des Hospitalières-Saint-Gervais, école élémentaire publique et laïque mais fréquentée par les garçons juifs du quartier
  • rue des Hospitalières-Saint-Gervais – restaurant Rozenstroiks, lieu de rendez-vous des tailleurs, fourreurs, chapeliers et orfèvres
  • 21bis, rue des Tournelles – principale synagogue du quartier, de rite alsacien
  • rue des Écouffes – Oratoire

Wednesday, 3 May 2023

Pavés en bois

Une des erreurs factuelles fréquemment commises dans les fictions audiovisuelles se déroulant à la Belle Époque est de tourner les scènes extérieures dans des rues pavées dont les pavés sont en pierre, alors que, en réalité, de nombreuses rues du Paris de la Belle Époque avaient leurs pavés en bois.

Mais pourquoi donc des pavés en bois ? Eh bien la raison en est simple : le Paris de la Belle Époque est une ville dont les transports, publics ou privés, sont encore en majorité à traction hippomobile, et le trafic des chevaux est moins bruyant sur des rues recouvertes de bois.

Globalement, ce sont les quartiers riches de l’ouest de la capitale qui sont revêtus de pavés en bois, mais ce n’est pas non plus une règle universelle, comme le montre la photo ci-dessus de pavés en bois du XIe arrondissement.

Wednesday, 12 April 2023

Expressions de la Belle Époque

Sur l’excellent blog « chez FaenyX » (que je recommande à tous les MJ de Maléfices), un sympathique billet sur les expressions françaises en usage à la Belle Époque.

C’est la bouteille à l’encre, pardi !

Tuesday, 28 March 2023

Brigade fluviale

Le 30 juin 1900, à l’occasion de l’Exposition universelle, le préfet de police Louis Lépine crée un service chargé de la surveillance de la Seine. Les gardiens de la paix de la Brigade fluviale ont alors pour missions de veiller à l’application des règlements en matière de navigation et d’assurer la police des ports et des berges. Après une phase expérimentale, la brigade est confirmée dans ses fonctions en avril 1902.

Placée sous l’autorité de l’Inspecteur Général de la Navigation, la Brigade est composée, à ses débuts, d’une vingtaine d’« agents plongeurs ». En juin 1904, un arrêté étend ses fonctions à toutes les communes situées dans le ressort de la Préfecture de Police ; ses effectifs augmentent, comme le nombre de ses embarcations. En 1906, elle passe sous le contrôle direct de la police municipale ; elle compte alors une quarantaine de policiers et deux canots automobiles, La Vigie et La Mouette, cette dernière étant équipée d’une motopompe.

Lors de la grande crue de 1910, elle porte secours aux personnes mises en difficulté ou en danger par la montée des eaux.

Inspiration vestimentaire

Nous sommes allés voir l’ expo Paul Poiret au Musée des Arts décoratifs et franchement ça donne envie d’incarner des personnages féminins…...